7 choses à savoir pour animal en détresse

il y a un mois

Tu aimes te promener en nature et la rencontre d'animaux sauvages te remplit de bonheur ?

Mais le cœur te vire à l’envers quand tu croises la route d'un animal mort, blessé ou en détresse...

C'est plus fort que toi, tu voudrais aider...mais comment t'y prendre ?

Dans le texte qui suit tu trouveras 7 choses à savoir pour agir de la bonne façon quand le destin te fait croiser la route d’un animal mort, blessé ou en détresse.

1. Faire confiance au cycle de la vie

Malheureusement la meilleure attitude est souvent de ne rien faire du tout. La mort des animaux sauvages est une nécessité pour le maintien de l'équilibre des écosystèmes.  Il ne faut surtout pas oublier que l'équilibre de la nature repose sur la notion d'interdépendance.

Ainsi, la mort de certains animaux contribue à la survie des autres. Et l'animal en détresse que tu voudrais sauver pourrait permettre à une portée de louveteau ou à une volée de corbeaux de survivre.

Je sais, ce n’est pas toujours facile.

Comme humain, il est difficile d’accepter librement la mort ou la souffrance. Pourtant, c’est une des plus belles leçons que la nature nous donne. Quand on y pense, on agit souvent pour essayer de faire taire cette souffrance qui est en nous.

Car dans la nature, la mort et la souffrance sont des parties intégrantes de l’évolution de la vie !

Mais bon, parfois, il peut s’avérer juste d’agir. La seule façon de savoir si le fait d’agir sera profitable est d’écouter ton instinct. Oui, oui cette petite voix en dedans de toi qui te guide quand tu es calme contribue aussi à l’équilibre des choses.

2. Réduire les risques

Avant d’agir, il faut être conscient que toute action envers un animal sauvage comporte un risque. Un animal blessé ou en détresse peut te sembler faible ou fragile, mais crois-moi sur parole, c’est quand il sent sa survie menacée qu’un animal est le plus dangereux. Même à l’article de la mort, un animal aussi petit soit-il peut déployer une force spectaculaire pour éliminer la menace.

Plus sa situation sera précaire, plus il aura de chances de te considérer comme une menace et te blesser.

De plus, un animal peut paraître blessé ou en danger sans l'être vraiment. Ta seule présence fortuite sur son territoire peut l'encourager à adopter un comportement de défense qui peut ressembler à de la détresse.

La première chose à faire pour diminuer les risques de blessures pour toi et pour l’animal est de t'en éloigner tranquilement. T'en approcher risque seulement de le stresser davantage et de t'exposer à des comportements de défense inattendus.

Ce n'est pas parce qu'un animal est blessé qu'il ne peut pas mordre, griffer ou imposer des blessures graves s'il se sent attaqué, cela vaut autant pour le petit faon ou la petite souris qui paraissent inoffensifs.

Si tu es accompagné de ton chien ou autre animal domestique, calme-le sans délais et éloigne-le de l'animal en détresse. L’instinct de prédateur de ton animal de compagnie l’amènera à devenir très entreprenant s’il croise la route d’un animal mort ou blessé.

Il est important de considérer le risque de blessure, mais aussi la transmission de certains virus ou maladie.

3. Analyser la situation

Avant de tenter quoi que ce soit, il est donc important de bien comprendre ce qui se passe.

Dans un premier temps, essaie d'identifier le plus clairement possible l'espèce dont il est question.

Repère les traces de blessures: plaies ouvertes, saignements, zones de fourrures ou de plumes manquantes. Prends des photos si tu es en mesure de le faire (cela pourra aider ultérieurement les autorités à agir plus efficacement).

Remarque si l'animal a des comportements anormaux comme : la difficulté à respirer, à se déplacer, à lever la tête ou s'il s'agit d'un oiseaux, s'il ne semble pas pouvoir voler. L'animal peut aussi te paraître anormalement amorphe ou agressif sans raison apparente, en se mordant les pattes ou en s'attaquant à des objets inanimés par exemple.

Essaie de voir si l'animal a des symptômes de maladies infectieuses.  Les sécrétions autour des yeux, de la bouche et de l'anus peuvent représenter des symptômes de maladies. Garde bien en tête que certaines maladies qui touchent les animaux peuvent aussi être transmises à l'humain. Raison de plus pour garder tes distances

Parmi les maladies infectieuses, la rage constitue à coup sûr la plus dangereuse. La rage est causée par un virus qui s'attaque au système nerveux qui peut entrainer la mort. Elle se transmet par la salive ou par les muqueuses, par l'entremise d'une plaie ouverte ou de sécrétions.

Il existe plusieurs variants de la rage et les animaux le plus à risque de la transmettre au Québec sont: la chauve-souris, le raton laveur, la moufette rayée et le renard arctique.

Pour te permettre de mieux les l’identifier, voici le symptômes les plus courants de la rage  :

- une expression faciale étrange;

- une salivation excessive perceptible sous forme d'écume;

- un affaissement de la tête et de la mâchoire;

- une production de sons peu communs;

Après l'apparition des symptômes, la maladie se propage sous forme de paralysie s'attaquant d'abord aux pattes et s'étend au reste du corps par la suite.

Pour réduire les risques de transmission, il faut se faire examiner après toute morsure, griffure ou contact avec le sang d'un animal mort ou blessé. Même chose pour ton animal de compagnie.  Sois attentif, particulièrement si ton compagnon poilu a tendance à manger n'importe quoi.

4. Déclarer sa découverte aux autorités compétentes

Qu'il s'agisse d'un animal mort ou blessé, il est obligatoire (cela signifie ici qu’il s’agit d’une obligation légale) de déclarer la présence de certaines espèces protégées, voici la liste de ces animaux au Québec*:

-le bœuf musqué,

- le carcajou,

- le caribou,

- le cerf de Virginie,

- le cougar,

- le coyote et ses hybrides,

- le loup et ses hybrides,

- le lynx du Canada,

- le lynx roux,

- l’opossum d’Amérique,

- l’orignal,

- l’ours blanc,

- l’ours noir,

- le renard gris,

- le dindon sauvage;

- tous les oiseaux de proie diurnes et nocturnes.

Pour les autres espèces, il est préférable de contacter la municipalité dans laquelle l'animal a été découvert pour connaître la marche à suivre.

Comme il en a déjà été mention, plus tu auras de détails à fournir sur l’animal en question (description détaillée, photos, emplacement exact), plus il sera facile pour les autorités d’agir efficacement.  Noter les coordonnées géographiques de l’endroit de ta rencontre est possiblement l’information la plus importante à fournir.

5. La bonne façon de disposer de la carcasse d’un animal mort

Dans certains cas, il peut être justifié de disposer de la carcasse d'un animal mort. Par exemple lorsqu'elle se trouve dans un sentier ou un endroit exposé aux humains ou aux animaux de compagnie.

En prenant certaines précautions, il est donc possible de disposer de la carcasse dans un endroit ou la cueillette des ordures domestiques est organisée.

Il est d'abord important de porter des gants ou d'utiliser un bâton pour ne jamais toucher l'animal à mains nues. Si la taille de l'animal le permet, on peut mettre l'animal dans un sac poubelle (tu devrais à ce sujet toujours trainer avec toi un sac poubelle pour disposer de tes déchets personnels).

Toujours rapporter vos actions aux autorités du parc avant d’agir.

6. Comment aider un animal blessé

Avant d’entreprendre la moindre action de sauvetage, il est très important de consulter les autorités du parc au préalable. Ceux-ci vous guideront et assisteront dans vos actions.

Il est important de noter qu’il est illégal de rapporter un animal sauvage à la maison, même si c’est pour lui venir en aide. Des permis peuvent toutefois être émis de façon exceptionnelle dans certaines situations.

Il est parfois nécessaire de transporter en urgence un animal dont l’état est si grave qu’il serait condamné en cas d’inaction. Il faut d’abord s’assurer que l’animal peut être déplacé sans danger pour nous et pour lui.

Celui-ci doit se trouver dans une situation où il ne peut blesser ou être blessé davantage par le transport, avoir un poids qui permet une manipulation sans risque et aussi un contenant ou un objet qui facilite un transport sans contact direct avec l’animal (boite, couverture, sac).

Assurez-vous de bouger délicatement l’animal. Soyez attentif à son comportement et retirez-vous sans délais s’il a encore la force de grogner, de montrer les dents ou de s’agiter brusquement. Laisser le temps à l’animal de s’habituer à votre présence avant de le manipuler. Transporter-le aux autorités du Parc qui en prendront charge. Surtout ne rien lui donner à boire ou manger, car vous pourriez sans le vouloir aggraver son état.

Même si vous n’êtes pas entré en contact directement avec l’animal, on doit se laver les mains consciencieusement et utiliser un produit à base d'alcool pour désinfecter en profondeur.

7. Les bébés isolés ne sont pas nécessairement en détresse

Croiser la route d’un louveteau solitaire, d’un ourson isolé ou encore d’un faon qui appelle sans succès sa maman ne signifie pas nécessairement qu’ils ont été abandonnés et qu’ils ont besoin d’assistance.

Dans la plupart des cas, il existe une raison qui explique que la mère n’est pas visible et votre présence est souvent à l’origine de ce supposé abandon.

Il existe plusieurs risques que l’on peut attribuer à un sauvetage hâtif. Certains animaux peuvent abandonner et même tuer leur progéniture s’ils peuvent percevoir sur eux l’odeur humaine. D’autres pourront avoir de la difficulté à réintégrer leur habitat naturel s’ils ont été privés de l’empreinte de leurs parents pendant les premiers mois de leur vie.

Certaines femelles peuvent devenir très agressives si elles sentent que leur progéniture est en danger. La meilleure façon de sauver un petit abandonné est souvent de s’éloigner tranquillement tout en restant à l’affût.

Il est important de rappeler qu’il est illégal de rapporter un animal sauvage à la maison, même si c’est pour lui venir en aide. Des permis peuvent toutefois être émis de façon exceptionnelle dans certaines situations, notamment si vous opérer un refuge.  Il est préférable de consulter votre municipalité à ce sujet.

En terminant, voici quelques adresses importantes qui vous permettront de devenir un acteur positif pour améliorer la qualité de vie des animaux sauvages:

En cas de griffure, morsure ou contact direct avec le sang d'un animal sauvage:

https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-sante-811

Pour en savoir plus sur la rage:

https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/rage-chez-humain/

Pour la déclaration obligatoire d'animaux morts ou blessés: SOS braconnage:

https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/protection-de-faune/s-o-s-braconnage/

*tiré du site du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs:

https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/animaux-importuns-malades/trouver-animal-sauvage-blesse-malade-mort/