Le froid et le corps humain savoir distinguer les mythes et la réalité

il y a 8 mois

Avoir froid est une sensation bien réelle qui peut grandement affecter le plaisir de se retrouver à l’extérieur.

Si la nature, en théorie, a doté les humains des mêmes attributs biologiques pour s’adapter aux changements de température,  comment expliquer que nous ne ressentions pas tous le froid et la chaleur de la même façon ?

Dans le texte qui suit,  un coup d’œil aux idées les plus tenaces concernant la tolérance de l’humain au froid afin de pouvoir distinguer les mythes de la réalité.

Énoncé 1 : Certains individus sont plus sensibles au froid que d’autres

Réalité

Les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les personnes ayant une surface corporelle et une masse musculaire plus réduite auraient une moins grande tolérance au froid.  Il faut se rappeler que ce sont les muscles qui génèrent la chaleur dans le corps, c’est pourquoi les femmes et les enfants peuvent avoir tendance à être plus frileux.

Plusieurs variables individuelles, comme l’âge, l’adiposité et les dimensions corporelles (surface couverte par la peau), influencent aussi la capacité du corps à préserver sa chaleur. Il semblerait que les sujets gras ou très velus auraient une tolérance au froid supérieure à celle des gens maigres et peu velus.

Énoncé 2 : Le froid nous rend malade

Mythe

En réalité, si avec le froid vient une augmentation significative du nombre de microbes et de virus, ce n’est pas l’exposition au froid qui cause la maladie. En l’absence de virus, le froid à lui seul ne peut pas causer de maladies, d’autant plus que lorsque que nous sortons à l’extérieur par temps froid, la température du corps ne change pas tellement étant donné que nous portons des vêtements. En revanche un corps en situation d’hypothermie est plus vulnérable aux infections.

Énoncé 3 : L’adaptation du corps au froid demande plusieurs semaines

Mythe

Après quelques jours seulement d’exposition continue au froid, le stress interne diminue de façon drastique. Cette période d’accoutumance a pour effet de réduire les réflexes corporels de frissons, de vasoconstriction et de la production des hormones de stress, ce qui nous dispose psychologiquement à une exposition au froid.

Toutefois, c’est seulement après plusieurs semaines d’exposition au froid que le métabolisme augmente et après plusieurs mois qu’il produit de la graisse sous-cutané qui nous isole davantage du froid.

Énoncé 4 : Le manque de sommeil influence la tolérance au froid

Réalité

La fatigue générale, tant physique que mentale, a une influence directe sur la façon dont l’organisme gère l’énergie disponible pour les différents besoins du corps. Il sera plus difficile à un organisme épuisé de maintenir sa température corporelle optimale, ce qui peut influencer ta perception du froid ambiant quand tu manques de sommeil.

Énoncé 5 : Sortir dehors au froid peut provoquer des crises cardiaques

Mythe

Il n’existe aucune preuve scientifique qui relie l’exposition du corps au froid et le déclenchement de crises cardiaques. Par contre, une grande quantité d’air froid qui entre dans les poumons créé une augmentation significative du nombre d’hormones de stress. Il est conseillé aux gens ayant une faiblesse cardiaque de s’exposer graduellement au froid et de porter un vêtement qui cache le nez et la bouche et qui préchauffera l’air avant qu’elle n’entre dans l’organisme.

Énoncé 6 : L’alcool permet de se réchauffer

Mythe ET Réalité

En petite quantité, l’alcool contribue à réduire la constriction des vaisseaux sanguins, ce qui aurait un effet bénéfique sur le réchauffement des extrémités (mains et pieds). En grande quantité, l’alcool diminue les défenses du corps face au froid, ce qui produira l’effet contraire sur tout l’organisme.

Énoncé 7 : Il ne faut surtout pas boire de café lorsqu’on a froid

Mythe

Le café diminuerait la perte de chaleur centrale en augmentant le métabolisme de base. Un liquide chaud fait aussi augmenter la température corporelle d’un degré.  Consommer en quantité raisonnable, le café peut donc contribuer à atténuer la sensation générale de froid, même s’il peut en même temps faire augmenter la sensation de froid dans les mains et les pieds.

Énoncé 8: On perd surtout de la chaleur par les extrémités (tête, mains, pieds)

Mythe

En réalité, la perte de chaleur correspond à la superficie du corps qui est exposée au froid. Il existe trois façons de perdre de la chaleur : par la peau, par l’air expiré, et par l’élimination (selles et urines). La peau étant le plus grand organe du corps, c’est par son entremise que le corps perd le plus de chaleur et ce peu importe la partie du corps exposée au froid.

C’est l’hypothalamus qui règle les mécanismes internes de conservation de la température corporelle. Quand la température corporelle baisse de quelques degrés, les vaisseaux sanguins qui irriguent les mains et les pieds se contractent afin de ramener le sang vers les organes vitaux. C’est ce qui explique pourquoi les régions du corps les plus éloignés de la cage thoracique (les pieds et les mains) commencent à geler en premier.

L’impression de geler plus facilement aux extrémités est réelle, mais non causée par une plus grande perte de chaleur à ces endroits du corps, à moins bien sûr, de sortir tête, pieds et mains nus !

Énoncé 9 : Quand il fait froid, il vaut mieux trop s’habiller que pas assez

Mythe

Plus le corps produit de la chaleur, plus il en perd. D’où l’importance de s’habiller adéquatement selon l’intensité de l’activité pratiquée plutôt qu’en fonction de la température extérieure. Un corps qui produit trop de chaleur produira pour compenser plus de sueurs (eau) et c’est l’humidité qui contribue surtout à faire augmenter la sensation de froid et ce peu importe l’efficacité de ton manteau d’hiver.

Par temps froid, il est aussi important de porter des vêtements qui évacuent l’humidité que des vêtements qui conservent la chaleur.  Il est essentiel de se rappeler que s’activer dehors l’hiver est la meilleure des méthodes pour minimiser l’impact négatif que pourrait avoir le froid sur le corps.

D’ailleurs, le corps s’adapte plus rapidement au froid quand on l’expose au froid et quand on bouge que quand on essaie de s’y soustraire totalement.

Énoncé 10 : Il faut manger gras lorsqu’on est exposé au froid

Réalité

Les populations Inuits ont survécu dans des conditions de froid extrêmes pendant des siècles en se nourrissant de graisse de poissons de phoque et de baleines.  Ce phénomène s’explique par le fait que les calories apportées par un gramme de lipides produisent le double des calories apportées par un gramme de glucide. C’est donc très rentable énergétiquement de manger plus gras pendant l’hiver.

Toutefois, il est préférable de prioriser les bons gras contenus dans les poissons, les olives, les avocats et les noix. Les gras transformés vont plutôt contribuer à congestionner l’organisme et réduire le métabolisme général.

Et si tu sautes de joie en te disant que tu pourras te bourrer la face de bacon tous les matins, sache que malheureusement, les gras animaliers, particulièrement quand ils sont transformés par la cuisson doivent être consommés avec modération en raison des grands efforts de digestion et d’élimination qu’ils demandent à l’organisme des occidentaux modernes.

Le métabolisme des peuples arctiques autochtones a été conditionné pendant des millénaires à consommer des gras animaliers. Leur corps transforme les gras animaliers en énergie avec beaucoup plus d’efficacité que les nôtres. N’est pas Inuits qui veut !

Énoncé 11 : S’entrainer dehors l’hiver rend moins performant

Mythe

Le corps est conçu pour être performant dans toutes les conditions, mais il s’adapte en fonction des conditions extérieures. Comme il doit dépenser plus d’énergie pour conserver sa température corporelle par temps froid, il dispose de moins d’énergie pour mobiliser le corps pour de l’activité physique.

En vérité, le froid influencerait à la baisse les performances de 2 à 3 % à chaque diminution de 1 degré Celsius de la température extérieure.

Toutefois, s’entrainer par temps froid contribuerait à long terme à augmenter la résistance des muscles à l’effort, ce qui au bout du compte améliore les performances des athlètes.

En d’autres termes, il ne faut donc pas que tu t’attendes à être aussi performant pendant l’entrainement au froid, mais plus tu fais de l’activité physique intense l’hiver et plus tu pourras augmenter tes performances dans des conditions optimales pendant le reste de l’année.

La température idéale pour les activités physiques intenses serait de 10 degrés Celsius.

Énoncé 12 : Respirer de l’air très froid peut faire geler les poumons

Mythe

Le corps dispose d’un mécanisme interne qui réchauffe l’air provenant de l’extérieur avant qu’il ne pénètre les poumons. Les malaises que l’on peut ressentir à l’effort pendant un temps très froid seraient davantage attribuables à la sècheresse de l’air plutôt qu’au froid. La solution : favoriser l’humification de l’air entrant en couvrant la bouche et le nez ou avec un vêtement qui humidifie l’air provenant de l’extérieur.

Énoncé 13 : La tolérance au froid est un phénomène biophysique qui n’a rien à voir avec les dispositions mentales des individus.

Mythe

Il s’agit surement du mythe qui a le plus d’impact sur notre tolérance au froid. Il est essentiel d’aborder sans angoisse une exposition au froid. Le calme atténue fortement la production d’hormone de stress améliorant la tolérance au froid.

Certains individus sont mêmes parvenus à prouver que l’on peut entrainer le corps et l’esprit à des expositions prolongées au froid et ce à des températures extrêmes.

Wim Hof, alias l’homme de glace, est en train de bouleverser les idées reçues sur la tolérance du corps humain au froid. Il a développé une technique de respiration qu’il combine à des expositions progressives et prolongées au froid afin de repousser les limites du corps humain.

Un des exploits les plus impressionnants est d’avoir gravit l’Everest en short et en bedaine ! De quoi faire revenir d’entre les morts ta grand-mère !

Énoncé 14 : Le froid serait bénéfique pour la santé

Réalité

L’exposition au froid mobilise une grande quantité d’adrénaline, stimulant de ce fait tous les organes et systèmes du corps. Les bienfaits de l’exposition au froid ne cessent d’être relatés par de plus en plus d’études.

Une exposition contrôlée au froid de façon régulière permettrait de moins ressentir le stress, d’augmenter son niveau d’énergie au quotidien, mais aussi d’améliorer la qualité de son sommeil.

D’autres études ont démontré que l’exposition au froid peut influencer positivement les réponses immunitaires et les performances sportives.

Tendance qui trouve son aval dans la performance des athlètes de pointes, mais aussi pour leur récupération. La cryothérapie permet de minimiser l’impact des blessures sportives tout en diminuant la douleur, ce qui accélère un retour à l’entrainement.

De plus, le froid stimulerait la production de graisse brune dans l’organisme, tout en réduisant le taux de graisse blanche plus dommageable et plus difficile à brûler.

En conclusion

Si on y regarde de plus près,  la thérapie par le froid fait partie de la culture de la plupart de peuples indigènes. Le froid est une réalité incontournable pour toute personne qui vit au Québec. Aussi bien faire avec en considérant les bienfaits de l’hiver au lieu d’insister sur les désagréments causés par le froid..

La prochaine fois que ta blonde te demande d’aller pelleter, tu devrais la remercier de te fournir une occasion d’améliorer ta santé !

Laisse de côté tes idées reçues et fais tes propres expériences. Quand il fait froid, prend l’habitude de respirer, habille-toi adéquatement et va jouer dehors le plus souvent possible.

Le froid nous pousse parfois à nous retrancher dans le confort de nos vies modernes, mais il nous incite aussi naturellement à nous réunir et à partager de bons moments. Raison de plus pour inviter des amis à jouer avec toi dehors !

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Sources:

https://blog.lacordee.com/le-froid-sexposer-sadapter/

http://eps.tice.ac-orleans-tours.fr/

https://plus.lapresse.ca/

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/

https://www.espaces.ca/

http://neurobranches.chez-alice.fr/

https://www.passeportsante.net/

https://blognutritionsante.com/