Comment initier vos enfants au plein air ?


11 trucs pour initier vos enfants à la randonnée

Si tu te lèves un matin avec l’envie folle d’aller marcher avec tes enfants et que tu penses qu’ils vont déborder d’enthousiasme en voyant l’étincelle dans tes yeux, tu risques d’être déçu de leur réaction.

C’est clair, à moins d’y avoir été initié très jeune, aucun  enfant au monde ne sautera de joie si tu  lui proposes de faire une randonnée ou encore de la marche en nature.

Pour les enfants, c’est le genre d’activité qui sonne trop sérieux ou que l’on fait quand on y est obligé, ou pire quand on est rendu trop vieux pour faire autre chose de plus intéressant.

Même si tu  fais tout ton possible pour avoir l’air cool en chantonnant ta proposition sur l’air dynamique d’un animateur de Vrac TV, dans leur tête tu seras toujours VIEUX.

Et quand tu leur proposes ce genre de loisir en mettant de l’avant ton statut de personne en charge par des mots compliqués, cela confirme cette impression.

Dans le texte qui suit, je te partage quelques trucs qui te permettront d’éveiller leur intérêt pour la nature et les activités de plein air.

Qui sait peut-être n’auras-tu jamais plus besoin de les inciter à aller jouer dehors ?

1.    Créer de l’intérêt

Oui, il est nécessaire aujourd’hui d’avoir un plan marketing pour initier vos enfants à de nouveaux loisirs.

L’attention des enfants est de plus en plus difficile à maintenir et si t’es pas bien préparé,  ils risquent d’accueillir la perspective d’une marche en forêt avec autant d’enthousiasme que si leur demandais de repeindre le garage.

C’est comme si ton boss te demandait de finir ton dernier rapport trimestriel un samedi après–midi en te faisant un gros sourire qui sous-entend que ça fait partie de tes tâches !

Essaies d’abord de te mettre à leur place et de comprendre leurs intérêts et leurs besoins du moment. Insistes sur les avantages qu’ils retireront de l’expérience.

À ce sujet, les mots sont très importants.

Crois-moi sur parole, aucun enfant ne va bondir d’enthousiasme devant la perspective  d’obtenir des bienfaits de jouer dehors ou d’admirer les splendeurs de la nature.

C’est trop abstrait.

Au lieu d’employer des mots pour te faire croire que tu es un bon parent en faisant une sortie éducative, parles-leur de réalités plus en accord avec leurs goûts du moment.

Aller découvrir de nouveaux animaux, trouver des pierres précieuses, se bourrer la face dans les petits fruits, ramasser des insectes ou  encore découvrir la cachette de la fée de la forêt sont des aventures beaucoup plus attrayantes que de marcher dehors pour connecter avec la nature.

Peu importe la personnalité des enfants, il y a toujours une façon de créer du mystère et de l’aventure. Apprends à comprendre le pouvoir des mots et la moitié du chemin est déjà parcouru.

2.    Planifier des cours trajets et augmenter graduellement le degré de difficulté

Si tu sors avec tes enfants dans le but de créer le goût d’une habitude, il est préférable que tu vises des sentiers plus courts et plus accessibles. Du moins pour commencer.

Pars surtout pas en peur avec tes objectifs santé. Il sera plus facile de les réaliser le jour où ce sera tes enfants qui te pousseront à aller jouer dehors. Si tu t’y prends bien, c’est ce qui va arriver !

Le but au départ est de créer un buzz, et la plupart du temps ce sentiment d’accomplissement émerge en eux quand ils se sentent à la hauteur.

C’est sûr que tout dépend de l’âge des enfants, mais je ne viserais pas une marche de plus de 15 minutes à ma première sortie.

La raison en est bien simple.

Les enfants n’ont pas la même perception du temps que les adultes. Sitôt ils vont avoir l’impression de s’ennuyer, sitôt le temps va leur paraître in-ter-mi-na-ble.

Et là ben tous tes efforts pour leur faire apprécier ce sport unique vont tomber à l’eau.

Joue safe et commence avec des cours trajets en terrain plat et aménagés de préférence.

Quand ils auront ressentis pleinement les bienfaits de la marche en nature, c’est eux qui vont en redemander !

3.    Faire des arrêts ou on fait autre chose

En accord avec ton plan marketing du départ, arrange-toi pour que la marche soit un prétexte pour atteindre un but en lien avec leur quotidien.

Si la mode est à la chasse aux Pokémons, ben commences par une chasse aux Pokémons ! Quitte à les emmener vers autre chose petit à petit.

À ce sujet, il peut être très intéressant de varier les plaisirs.

Ne te gêne pas pour faire des arrêts où il aura d’autres activités que la marche : baignade dans un lac, pêcher dans une rivière, grimper dans un arbre, manger une collation sur le sommet d’une montagne, construire une cabane…

Dans le contexte actuel où la vie des enfants tient souvent dans un agenda aussi chargé qu’un PDG, il est essentiel qu’ils aient du temps où ils peuvent laisser libre cours à leur imagination.

Prendre le temps de s’arrêter pour ne rien faire est aussi une belle occasion de leur apprendre l’observation et la contemplation.

Si tu planifies des trucs, ne leur dis pas tout et garde des surprises en chemin.

Même s’ils te donnent l’impression de devoir vouloir être divertis,  je t’assure que les enfants ont besoin plus que jamais de moments ou rien n’est vraiment prévu à l’horaire.

Rien de mieux qu’une balade en forêt pour laisser libre court à sa spontanéité. Une randonnée de 15 minutes peut facilement devenir une activité de plusieurs heures si on se laisse du temps pour rien faire.

Oui, ils ont besoin d’être encadrés, c’est la raison pour laquelle tu ne les laisserais pas sauter ne bas d’un précipice, mais d’un autre côté, s’ils sentent que c’est trop restrictifs, les enfants décrochent…

N’oublie pas qu’ils passent déjà la grande partie de leur journée assis sur une chaise et que le mouvement est un besoin.

À ce sujet, laisse-toi guider par eux, ils sont souvent les meilleurs guides en la matière. Toi aussi tu as besoin de te laisser aller un peu…

Pour les enfants pouvoir rien faire c’est pouvoir tout faire.

Malheureusement beaucoup d’enfants ont déjà oubliés ce que cela signifie, mais heureusement que tu es là pour leur permettre de se rappeler les bienfaits de jouer dehors. (ben oui, c’est le monde à l’envers! ).

4.   Inventer une histoire

Que ce soit pendant avant, après ou pendant la marche, solliciter l’imagination des enfants en inventant une histoire ajoute une dimension émotive unique à leur expérience.

Que l’histoire soit vraie ou non n’as pas vraiment d’importance. Le but est de susciter un intérêt en rapport avec une particularité du parcours.

Que ce soit la présence d’un vieux bâtiment, d’une spécificité du paysage ou de l’histoire véritable du lieu, un petit détail suffit souvent à enflammer l’imagination d’un enfant.

Les liens de sens avec leur expérience seront renforcés si tu donnes une forme imaginaire à ta quête.

Je me souviens d’un moniteur de camp de jour, qui nous amenait souvent dans un parc où il y restait des ruines d’un ancien moulin. Il nous avait fait croire que des sorcières s’y réunissaient les soirs de pleines lune afin de s’adonner à de drôle de rituels...

Cela fait plus de trente ans, mais j’ai encore bien frais en mémoire les moindres détails de ce parc magnifique où ils y avaient d’énormes chênes. Je me souviens encore de la couleur, de la texture et de l’odeur de la pierre, j’y entends le chant des cigales…

Si tu es un bon conteur et que ton récit est le moindrement crédible, ils vont embarquer dans n’importe qu’elle histoire…

Et si tu as peur de passer pour un parent irresponsable en leur faisant croire des choses qui n’existent pas, ben dis-toi bien qu’un jour ils vont plutôt te remercier de faire confiance à leur intelligence en leur permettant de décider ce qui est vrai pour eux-mêmes.

Surtout jusqu’à la fin, laisse planer le mystère et l’incertitude.

C’est magique la nature, mais quand on y joute une touche de fabuleux, ça devient presque métaphysique…

5.      Jouer avec la nature

Beaucoup d’adultes d’aujourd’hui ont oublié comment jouer. Tu en fais partie si t’es du genre à avoir un but pédagogique derrière toutes des sorties familiales.

Il faudrait peut être que tu revois tes priorités avant de prendre pour Baden Powell.

C’est clair que si ton enfant sens que tu te forces pour lui apprendre quelque chose, il ne va pas développer de lien affectif très puissant avec les activités que tu lui proposes.

S’il a l’impression d’être à l’école, tout restera dans sa tête…tu auras son attention, une dizaine de minutes si t’es un bon enseignant.

Utilise plutôt le jeu en proposant des activités ludiques susceptibles d’éveiller sa curiosité.

Tu peux lui enseigner des choses très importantes à travers le jeu.

Joue à la cachette, construit une cabane, grimpe à un arbre, ramasse des feuilles d’arbres, n’importe qu’elle activité qui risque d’amplifier le contact de ses sens avec l’environnement.

Et rassure-toi, il va te poser des questions si un sujet l’intéresse en particulier. Il va aussi beaucoup apprendre juste en t’observant. Ce qui va lui rester de ces  expériences le suivra toute la vie.

Les expériences de sens sont amplifiées quand on met le corps en mouvement.

6.      Chanter

Le chant est une excellente façon de focaliser l’attention des enfants sur le moment présent. Soudain, ils oublient qu’ils ont faim, où qu’ils sont fatigués. Cela permet aussi de souder les liens entre les individus qui chantent.

C’est une expérience qui permet d’amplifier et d’ancrer les souvenirs.

Les chansons à répondre sont particulièrement efficaces, car il est facile de se souvenirs des paroles. Il se vend encore des vieux bivouacs scouts dans certains magasins de plein air, mais internet est une mine d’or d’informations à ce sujet.

Apprends les chansons avant de partir où demander à vos enfants de vous apprendre de nouvelles et vous retomberez automatiquement en enfance.

Certaines chansons traversent le temps et c’est une belle activité qui permet de tisser des liens entre les générations. Tes enfants en redemanderont !

7.      Leur permettre d’amener des amis

L’effet groupe est très important pour les enfants, particulièrement quand ils sont d’âge scolaire. S’ils ont l’impression d’être les seuls bizarroïdes à marcher en forêt pendant que leurs fins de semaine, ils risquent d’être encore plus réfractaires à l’idée de te suivre.

En leur permettant d’amener des amis, tu facilites l’intégration de l’activité à leur sphère sociale. Tu te donnes aussi l’occasion de tisser des liens authentiques avec les enfants qui partagent leur univers secret.

Et oui, il faudra te l’avouer un jour, tes enfants sont aussi les rois d’un univers parallèle dont tu es exclus la plupart du temps. Et si ton enfant te demande s’il peut amener un ami, c’est qu’il t’offre le privilège d’entrer dans cet univers pour un temps.

Surtout, ne rate pas cette occasion ! Et surtout ne crains pas d’aller de l’avant en lui proposant !

8.      Pense nourriture

Les enfants ont toujours faim. Même quand ils n’ont pas faim, ils croient qu’ils ont faim. C’est une des façons qui leur a été enseignée de combattre l’ennui ou le stress.

Penser à apporter de la nourriture avec toi est une bonne idée dans la mesure où cela s’avère nécessaire en fonction de la durée du trajet que tu as choisis.

Cela peut même s’avéré un moment fort de la randonnée s’il devient chargé de sens. Le fait de préparer avec eux un pic-nic et d’en faire le but ultime de votre épopée est un concept qui a fait ses preuves.

Notre lien avec la nourriture est émotif, ce qui en fait toujours un facteur d’unité sociale important. Le repas est aussi un temps d’arrêt qui permet de faire le point sur l’aventure.

C’est le parfait moment de savoir ce qu’ils ont particulièrement aimé.

9.      Favoriser le contact avec les animaux

Tous les enfants aiment les animaux. Beaucoup d’animaux communs sont faciles à observer dans les parcs proches des villes. Ces animaux familiers à la présence humaine, n’hésitent pas à approcher les enfants, petits ou grands.

C’est toujours un beau moment de voir ton enfant bondir de joie devant un écureuil un peu trop curieux.

Le fait d’apporter de la nourriture pour les nourrir est une bonne façon de créer un lien unique avec la faune. Il existe de la nourriture adaptée à chaque espèce et il est préférable de s’informer à sujet au préalable.

Toutefois, dans les parcs et milieux sauvages, il n’est pas indiqués de nourrir les animaux. Cela peut même s’avéré catastrophique pour l’équilibre des écosystèmes.

L’observation des animaux en milieu sauvage naturel est une expérience unique qui demande patience et préparation.

Il se dégage un sentiment d’exclusivité incomparable de l’observation d’un animal dont les habitudes de vie n’ont pas encore été trop dénaturées par la présence humaine. C’est une expérience qui marquera les enfants de tous âges.

Une bonne paire de jumelles peut constituer un outil qui facilite l’observation de la faune, surtout des oiseaux, car c’est souvent notre agitation et notre empressement qui les fait fuir. En vérité, ils sont toujours présents tout autour de nous.

S’il s’avère parfois hasardeux de croiser un animal sauvage sur sa route, nos amis poilus nous laissent souvent des indices de leur passage :  pistes, excréments, marquage sur les écorces d’arbres, nid dans un arbre, trous dans le sol,  barrage sur une rivière…

Ces signes suffisent à rendre à l’enfant plus concrète la relation entre les animaux et leur environnement.

Tu l’as surement oublié, mais beaucoup d’animaux sont nocturnes, ce qui fait des périodes de la journée sont plus propices que d’autres à l’observation de la vie animale. L’aube et le crépuscule sont alors des moments de la journée à cibler pour vos sorties.

10.   Favoriser un contexte à la réflexion

Oui, il est très profitable que les enfants apprennent des choses de leurs sorties en nature. S’ils ont l’impression de mieux comprendre le monde après leur sortie, ils en garderont des souvenirs indélébiles.

En fait, les enfants adorent connaître de nouvelles choses, par contre, ils détestent que l’objet d’étude leur soit imposé.

C’est pourquoi, c’est toujours préférable de partir d’eux-mêmes avec des questions ouvertes.

Inciter les enfants à réfléchir au sujet de quelque chose  qui les préoccupe  est particulièrement indiqué dans la nature ou on peut trouver des solutions à absolument tous les problèmes qui existent.

Si le contexte le permet, laisse-les seuls quelques instants avec leurs pensées.

Résiste à l’envie de leur fournir une réponse pour tout. Tolère les silences.

Enseigne-leur l’utilité de la force de l’observation.

Que ce soit en attirant leur attention sur un arbre qui pousse dans la roche ou à un oiseau qui a érigé son nid sur le flanc d’une parois rocheuse, les défis relevés par la nature offrent des millions d’exemples qui témoignent du fait que la plupart des  préoccupations humaines sont très superficielles.

Par exemple, rester assis sur une roche en silence à observer une chute d’eau est un exercice formateur qui l’aidera à mieux affronter les épreuves de la vie. L’eau nous enseigne comment amener plus de fluidité à notre vie.

Si ton enfant perd le focus où l’intérêt à la chose, oriente ses pensés avec une question.

D’où crois-tu que viens toute cette eau ?

Invariablement tu le pousses à réfléchir sur le cycle de la vie, aux forces qui ont façonnées la nature et à son lien avec l’environnement. Aucun enseignement n’est plus important que l’origine et le sens de sa propre existence.

11.    Finir en beauté

Même si tout se passe bien pendant 3 heures et qu’ils s’emmerdent royalement  pendant les 10 dernières minutes du trajet, ils vont avoir oubliés tout ce qu’ils ont vécus de positifs pendant l’expérience.

Le cerveau humain est ainsi fait. Il se souviendra de ce qui est très pénible et de ce qui l’a particulièrement aimé et oublieras tout ce qu’il y a entre les deux.

N’oublie pas que les enfants n’ont pas une aussi grande expérience de vie que la tienne, ils ont plus de difficulté à relativiser certaines choses. Si bien que chaque petits désagréments peux s’avéré un obstacle énorme.

Comme tu oublies bien vite les files d’attente quand tu te trouves au sommet de la montagne russe, une fin grandiose va invariablement faire oublier tous les petits désagréments du voyage.

Ça te permet en même temps de palier à tes propres manques, car au bout du compte, tu fais ça pour te détendre toi aussi, (bon ok, je te concède qu’utiliser de la terre comme  chasse moustique, parce que t’étais trop paresseux pour aller en acheter, c’était pas trop fort).

Si bien que si y’a une chose que tu devrais planifier, c’est la façon dont tu vas finir le party.

En théorie, tu connais assez bien tes enfants pour savoir ce qu’ils aiment. En ce sens, y’ pas vraiment de limite (autre que ton budget ) à ce que tu peux organiser.

Attention !

Finir en beauté ne veut pas dire créer une attente. Surtout garde la surprise pour la fin.

Y’a des chances que si tu leur a promis une journée à la Ronde en quittant la maison, l’excitation soit trop forte pour leur faire apprécier les plaisirs plus subtiles de la randonnée que tu leur proposes avant.

L’important est de lier la finale au projet afin qu’elle soit perçue comme une prolongation de l’activité en nature :

Surprise-resto, food fight, bataille de ballons remplis d’eau, balade à cheval, faire griller des marshmallows sur le feu, grande partie de cachette, excursion en canot…Il y a de plus en plus d’activités originales offertes dans les parcs, et il y aura toujours ton imagination.

On consacre beaucoup d’efforts à vouloir divertir les enfants, mais on oublie de leur enseigner que le but de la vie sur Terre est de retrouver le chemin de sa vraie nature.

Cela commence par l’appréciation des petites choses qui habitent notre quotidien.

Rien de mieux que la randonnée pour les initier sur ce sentier.