ou choisis ta ville de départ — le chiffre est le nombre de sentiers répertoriés.
Sécurité & survie
François Dumaine
Publié le 27 octobre 2026
Sommaire
Sur un sentier, l’orage arrive souvent plus vite qu’on ne le croit. Beaucoup hésitent à faire demi-tour, et c’est là que le danger augmente.
Cet article vous dit quand vous abriter de la foudre en randonnée, où aller et comment réagir.
Ne vous fiez pas à un ciel encore clair au-dessus du sentier. Un éclair peut frapper à environ 16 kilomètres de l’orage, parfois bien avant que la pluie n’arrive.
Pour évaluer la distance, comptez les secondes entre l’éclair et le grondement. Divisez ce nombre par trois pour obtenir une estimation en kilomètres. Si moins de 30 secondes s’écoulent, le danger est immédiat. Cherchez alors un abri sans attendre.
Certains signes doivent aussi vous alerter : des éclairs visibles, une lueur qui clignote derrière les nuages, une odeur d’ozone, des crépitements, ou les cheveux qui se dressent sur la tête. Le tonnerre peut passer inaudible si le relief, le vent ou la distance étouffent le son.
Un bâtiment entièrement clos reste l’endroit le plus sûr. Il doit avoir toit, murs, plancher, câblage et plomberie. Une fois dedans, tenez-vous à l’écart des fenêtres, des portes, des vérandas et des appareils électriques.
Une voiture à toit métallique protège elle aussi efficacement. Il faut que les portières soient fermées et les vitres remontées. Installez-vous entièrement dans l’habitacle. Ne touchez ni les parties métalliques ni les équipements reliés au véhicule.
À l’inverse, certaines constructions ouvertes ne protègent pas du courant, même si elles mettent à l’abri de la pluie. C’est le cas d’un gazébo, d’un abri de pique-nique, d’une remise sans parois ou d’un simple auvent.
Ne ressortez pas avant au moins 30 minutes après le dernier grondement. Si le tonnerre revient, le délai repart à zéro à partir de ce nouveau grondement.
Le plein air concentre à lui seul plus de 65 % des décès et blessures liés à la foudre au Canada, où l’on compte en moyenne deux ou trois décès et environ 180 blessures par an.
Au premier grondement, quittez le sommet, la crête, le col, la corniche et toute pente dégagée. Redescendez par un itinéraire stable. Renoncer à votre objectif est parfois nécessaire.
Les crêtes et les points hauts attirent la foudre. Une personne seule sur une pente ouverte est une cible particulièrement exposée.
Une grotte peu profonde ou un surplomb rocheux ne vous protège pas. La décharge peut se propager dans la roche et atteindre quelqu’un posé entre le point d’impact et le sol.
Éloignez-vous aussi des lacs, rivières, cascades, étangs et berges. Si vous êtes dans l’eau, gagnez la rive au plus vite, sans attendre que l’orage soit juste au-dessus de vous.
Le courant se répand en surface. Il peut frapper des personnes situées bien loin du point d’impact.
Si aucun bâtiment ni véhicule n’est à portée, gagnez un creux de terrain, un fossé sec ou un ravin sans trace d’eau. Le plus simple est de trouver le point le plus bas, à l’écart des pentes.
Attention : pendant un orage, une crue soudaine peut dévaler un ravin, un lit de ruisseau ou une cuvette. La foudre n’est donc pas le seul danger. Dès que l’eau commence à couler, montez vers un terrain plus haut.
En forêt, privilégiez une végétation dense, située plus bas que les alentours. Restez loin des arbres isolés, de ceux qui dépassent nettement les autres et des lisières.
Si aucun abri fermé n’est accessible et que la foudre frappe tout près, adoptez cette position en quatre temps.
Accroupissez-vous sur la plante des pieds. Rapprochez les pieds l’un de l’autre. Baissez la tête et posez les mains sur les genoux. Protégez votre tête autant que possible.
Évitez le contact direct avec le sol. Asseyez-vous sur un sac à dos sans pièces métalliques. Ne vous allongez jamais à plat.
Gardez en tête que cette posture ne rend pas le terrain sûr et ne remplace pas un déplacement vers un abri.
En groupe, espacez les membres de plusieurs mètres dans la zone la plus basse disponible. Ainsi, une même décharge ne touche pas tout le monde, et ceux qui restent indemnes peuvent porter secours à un blessé.
Avant le départ, consultez les prévisions horaires, les veilles et les alertes pour le secteur visé. Renseignez-vous aussi auprès du parc ou de l’organisme gestionnaire. Demandez l’état du sentier, les fermetures éventuelles et les conditions d’accès.
La carte de la foudre de MétéoCAN montre en temps réel les éclairs détectés au Canada. Elle se met à jour chaque minute. Elle ne prédit pas les impacts à venir. L’absence de symbole ne signifie pas que vous êtes à l’abri.
Reportez la sortie, ou choisissez un parcours plus court, si un orage est annoncé pendant votre passage au sommet, sur une crête ou dans un secteur sans abri. Un ciel qui s’assombrit vite suffit d’ailleurs à justifier un repli.
Avant de vous engager, localisez les bâtiments fermés, les stationnements accessibles, les refuges équipés et les zones boisées situées plus bas. Calculez le temps qu’il vous faudra pour les rejoindre à pied. Ne comptez pas sur une course sous la pluie.
Sous la toile, vous n’êtes pas à l’abri. Si le tonnerre éclate pendant que vous campez, rejoignez un bâtiment fermé ou une voiture à toit métallique plutôt que de rester dans la tente.
Quand la foudre frappe près de vous, posez à distance les bâtons de randonnée, les piolets, les cannes et tout autre objet métallique. Faites-le vite, sans vous attarder.
Un téléphone mobile sans fil peut servir à appeler les secours pendant l’orage. À l’intérieur d’un bâtiment, évitez le téléphone fixe, les appareils branchés, les prises, les robinets et la douche. La décharge peut suivre les fils et les canalisations.
Une personne frappée par la foudre ne garde aucune charge électrique : vous pouvez la toucher sans crainte. Vérifiez toutefois que les lieux ne présentent pas de fil sous tension, de départ de feu, de chute de pierres ou tout autre danger immédiat.
Si la victime ne respire pas normalement, commencez la réanimation cardiorespiratoire. Utilisez un défibrillateur externe automatisé si vous en avez un. Si elle respire, surveillez-la, soignez les blessures visibles et attendez les secours.
Reportez la sortie, ou choisissez un parcours plus court, si un orage est annoncé pendant votre passage au sommet, sur une crête ou dans un secteur sans abri. Un ciel qui s’assombrit vite suffit d’ailleurs à justifier un repli.
Non, les semelles ne forment pas une protection fiable contre la foudre ni contre le courant qui se propage dans le sol.
Rejoignez un bâtiment fermé ou une voiture à toit métallique. C’est la priorité, quelles que soient vos chaussures.
Oui. Un sommet, une tour, un arbre élevé ou un autre point exposé peut recevoir plusieurs impacts pendant le même orage.
Ne retournez pas vers un lieu frappé tant que le tonnerre reste audible.
Non. L’arrêt de la pluie ne suffit pas, car la foudre peut encore frapper autour d’un orage qui semble s’éloigner.
Attendez au moins 30 minutes après le dernier grondement avant de repartir.
Non, les écouteurs sans fil n’attirent pas la foudre.
En revanche, ils peuvent vous empêcher d’entendre le tonnerre. Retirez-les pendant le repli pour rester attentif.
Non, vous pouvez garder votre sac ou vous asseoir dessus s’il n’a pas de partie métallique en contact avec le sol.
Éloignez en revanche les bâtons, les piolets et les objets métalliques de votre position.

